✅ Article remis à jour le 29 novembre 2025, pour que tu aies toujours les infos fraîches !
Depuis plusieurs jours, le sud de la Thaïlande traverse l’un de ses épisodes les plus violents depuis plus d’une décennie.
Hat Yai et plusieurs provinces voisines ont encaissé des pluies dignes d’un scénario qu’on ne souhaite à personne : routes englouties, écoles fermées, trains immobilisés… et un bilan humain terrifiant.
Plus de 80 victimes confirmées, des quartiers entiers piégés et jusqu’à 150000 habitants bloqués au plus fort de la crue.
L’armée a même dû mobiliser le porte‑avions Chakri Naruebet pour évacuer les survivants.
Si tu prévois de voyager dans le sud ou si tu cherches simplement à comprendre ce qui s’est passé, voilà ce qu’il faut retenir.
Parce que si ça t’arrive, tu vas vite comprendre que l’hôpital en Thaïlande, c’est pas le même prix que ton pad thaï.
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Ce qui s’est passé dans le Sud (et surtout à Hat Yai)
Quand Hat Yai s’est pris 335 mm de pluie en 24 heures le 21 novembre, ce n’était pas juste un gros orage : c’était une masse d’eau compacte qui tombait sans pause, le genre d’épisode que les ingénieurs classent comme un “événement qui se produit une fois tous les 300 ans” autrement dit, exceptionnel même à l’échelle du sud.
Et ce n’est pas tout : entre le 19 et le 21 novembre, certaines stations du Sud affichaient jusqu’à 630 mm.
En trois jours, la région a pris ce que d’autres pays reçoivent en plusieurs mois.
Pour visualiser : c’est plus qu’une année entière de pluie à Paris, compressée sur un seul long week‑end.
Hat Yai : les pires inondations de la région depuis 2010 pic.twitter.com/xfI4Gkma4o
— Que Faire En Thaïlande – La Thaïlande by Flo 🇹🇭 (@qfet_flo) November 28, 2025
Pourquoi le sud profond est encore sous la pluie en novembre ?
Si tu te demandes pourquoi Hat Yai est sous l’eau alors qu’à Phuket ou Bangkok il fait beau, c’est simplement parce que le sud profond n’a pas la même saison des pluies que le reste du pays.
📍 Zones touchées en ce moment (mousson du Nord‑Est : novembre → mars)
👉 Côte Est / Golfe de Thaïlande : Hat Yai, Songkhla, Nakhon Si Thammarat, Yala, Pattani, Narathiwat, une partie de Surat Thani.
Ces provinces reçoivent des pluies intenses venues du Golfe.
☀️ Zones non concernées
👉 Côte Ouest / Andaman : Phuket, Krabi, Koh Lanta, Phang Nga.
Ici, la mousson est terminée depuis octobre → météo généralement calme et ensoleillée.
En bref : les inondations frappent uniquement le sud continental du Golfe, pas la côte Andaman.
Qui est touché ? Les provinces les plus affectées
En plus de Hat Yai, une grande partie du sud inférieur était sous l’eau : Nakhon Si Thammarat, Phatthalung, Trang, Satun, Yala, Pattani, Narathiwat, ainsi que plusieurs districts de Songkhla.
La ville de La‑Ngu, que j’ai traversée de nombreuses fois en allant vers Koh Lipe, en est un exemple parmi tant d’autres.

Quand les sols sont saturés avant même le pic de pluie, ils n’absorbent plus rien.
Alors tout déborde.
Les zones les plus touchées sont :
- Songkhla (Hat Yai, Na Mom, Rattaphum, Ranot)
- Pattani
- Yala
- Nakhon Si Thammarat
Les autres provinces affectées :
- Phatthalung
- Trang
- Satun
- Surat Thani
- Chumphon
Au total : 2,8 millions de personnes affectées, dont 243000 à Hat Yai et plus de 664000 foyers touchés.
Une géographie qui piège l’eau
Hat Yai se trouve dans un bassin naturel, entouré de montagnes et de zones basses.
Quand plusieurs jours de pluie tombent sans interruption, toute l’eau converge vers la ville… sans véritable issue.

Résultat :
- quartiers ensevelis sous 2 mètres d’eau,
- vans immergés jusqu’au toit,
- des familles réfugiées sur les toits pendant près de 48 heures.
Dans les provinces voisines, c’est le même schéma : terrains plats, rivières débordées et routes coupées.
Le phénomène est régional.
💔 La réalité sur le terrain
Des familles coincées sur les toits pendant 48h
Dans plusieurs quartiers, l’eau est montée si vite que des habitants ont dû briser leur plafond pour se hisser sur le toit.
Des familles entières, enfants, personnes âgées, voisins qui ne se connaissaient même pas, se sont retrouvées exposées sous une pluie qui ne s’arrêtait jamais, à attendre les secours pendant près de deux jours.

Dans certaines zones, l’eau atteignait jusqu’à 2,5 mètres, assez pour engloutir totalement les vans et pick-ups.
Quand tu vois un minivan de plus de 2 mètres disparaître sous l’eau, tu comprends que personne ne peut s’en sortir seul.
Une maternité transformée en zone de survie
À l’hôpital de Hat Yai, 30 nouveau-nés étaient coincés au troisième étage de la maternité alors que l’électricité avait été coupée et que les réserves d’eau s’épuisaient.
Le personnel médical a tenu avec ce qu’il avait : lampes de poche, ventilateurs manuels pour garder les bébés au frais et un dévouement qui force le respect.
Le 27 novembre, les équipes ont réussi à évacuer 20 patients critiques par hélicoptère.
Pour absorber l’afflux de blessés et de personnes piégées, l’armée a installé 8 hôpitaux de campagne dans les zones encore accessibles.
Des scènes difficiles à regarder
Des images glaçantes ont circulé : des corps retrouvés dans les maisons inondées, d’autres attachés à des poteaux pour éviter qu’ils ne soient emportés par le courant.
Ce sont des scènes que personne ne souhaite voir, mais qui font partie de la réalité quand une ville entière est prise de vitesse.
Au début, le bilan officiel parlait de 33 morts.
Mais à mesure que l’eau s’est retirée, les découvertes ont continué.
Aujourd’hui, on dépasse 80 victimes confirmées, un chiffre qui pourrait encore évoluer.
🚁 L’opération de sauvetage : quand tout le pays se mobilise
Face à l’ampleur de la catastrophe, la Thaïlande a déployé les grands moyens :
- Le porte-avions Chakri Naruebet, véritable base flottante, déployé avec ses hélicoptères, ses équipes médicales et des cuisines capables de préparer jusqu’à 3000 repas par jour
- La Marine Royale Thaïlandaise, épaulée par des fondations comme Poh Teck Tung, qui interviennent d’habitude sur les accidents de la route, mais qui sont montées au front sans hésiter
- La Croix‑Rouge de Songkhla préparait jusqu’à 20 000 boîtes repas par jour, pendant que les hélicoptères larguaient nourriture et eau potable sur les toits où des habitants attendaient depuis des heures
- L’Armée Royale, qui a lancé un appel national pour emprunter des petits bateaux et jet-skis aux civils, parce que sur le terrain, ce sont souvent les embarcations légères qui sauvent des vies
- Plus de 80 pompes installées sur 68 points critiques pour tenter de faire redescendre l’eau
- Des volontaires venus du nord, certains après 14 heures de route, pour renforcer les équipes sur place
Sauvetage chien inondation hat yai thailande pic.twitter.com/h0fmUD58Xw
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1784 : Hotline catastrophes naturelles
1155 : Police touristique
191 : Urgences générales
💰 Les dégâts matériels : des milliards de bahts partis en fumée
Et au-delà du drame humain, il y a la facture des dégâts matériels et elle est lourde : les pertes se comptent en milliards de bahts, avec des secteurs entiers mis à l’arrêt.
- Plus de 4 milliards de bahts de dégâts dans la seule province de Songkhla
- 715 usines touchées : transformation du caoutchouc, plastique, métallurgie, extraction de sable… les lignes de production ont été noyées les unes après les autres
- 1,28 milliard de bahts de pertes industrielles déjà recensées
- 17 centrales électriques (publiques et privées) contraintes de s’arrêter
- Plus de 640 hectares de terres agricoles dévastées : rizières, vergers, fermes piscicoles
- 300 à 400 millions de bahts de réservations hôtelières annulées en quelques jours

Le secteur hôtelier de Hat Yai demande désormais des allégements fiscaux pour survivre, pendant que les chambres de commerce de cinq provinces du sud réclament des mesures d’urgence pour les PME.
La seule bonne nouvelle dans tout ça : le centre-ville de Hat Yai a été relativement épargné cette fois, contrairement aux inondations catastrophiques de 2010 qui avaient provoqué près de 10 milliards de bahts de dégâts dans le quartier d’affaires.
🚨 La polémique des alertes ignorées
Quand une catastrophe frappe aussi vite, la façon dont les informations circulent devient un sujet ultra‑sensible.
Je reste ici sur des faits publics, largement relayés par les médias thaïlandais, sans interprétation ni jugement.
Le 18 novembre, la page Facebook météo ที’ลมฟ้าอากาศ, tenue par un météorologue anonyme, publie un avertissement détaillé : selon ses modèles, plus de 1000 mm de pluie pourraient tomber en 10 jours sur la côte est du sud, de Chumphon à Narathiwat, avec un pic attendu entre le 20 et le 24 novembre.
Cette prévision s’est rapidement retrouvée au cœur d’un débat public.
Le Centre Anti‑Fake News a relayé le post pour indiquer que certains termes, notamment “grande inondation” ou “pluie millénaire”, pouvaient être exagérés et risquaient d’alimenter des inquiétudes inutiles.
De son côté, le Département Météorologique Thaïlandais (TMD) a rappelé l’importance de s’appuyer sur ses bulletins officiels.
Quelques jours plus tard, lorsque les pluies ont atteint des niveaux exceptionnels et que les crues ont frappé Hat Yai et plusieurs provinces voisines, de nombreux internautes ont revisité l’avertissement initial.
Certains y ont vu une prévision juste, d’autres ont questionné la communication des autorités.
Le TMD a ensuite publié une mise au point : le département n’a jamais affirmé que toute la prévision était fausse, mais que certains mots pouvaient être perçus comme trop alarmants.
Cette clarification n’a pas suffi à calmer toutes les réactions, mais elle rappelle un point essentiel :
👉 en situation de crise, l’interprétation des alertes dépend des sources, du contexte et du timing.
Ce qui est certain, c’est que l’intensité des pluies entre le 23 et le 24 novembre a surpris une grande partie de la population.
Beaucoup n’ont pas eu le temps de se préparer, tant la dégradation a été rapide.
Dans ce type de situation, s’appuyer sur les bulletins officiels, suivre les annonces locales et croiser les informations reste la meilleure manière d’éviter les malentendus et de garder un regard clair sur ce qui se passe réellement.
✈️ Impact sur les voyageurs : ce que tu dois savoir
Si tu es en route pour le Sud en cette fin novembre, voici la réalité du terrain, simple, claire, sans dramatiser mais la sous-estimer non plus.
- Aéroport de Hat Yai : ouvert, mais plusieurs vols ont été retardés ou annulés, et certains transferts ont été suspendus à cause des routes encore impraticables autour de la ville
- Trains : le trafic vers Hat Yai, Yala, Su‑ngai Kolok, Padang Besar, Trang… est interrompu, plusieurs tronçons ayant été endommagés par les crues
- Bus longue distance : six lignes en provenance de Bangkok restent suspendues (Trang, Satun, Yala, Hat Yai, Pattani, Su‑ngai Kolok), le temps que les axes routiers soient sécurisés
- Taxis et minibus locaux : fortement perturbés dans Hat Yai, certains véhicules ne peuvent tout simplement pas circuler
Les inondations ont surtout touché les provinces continentales du Sud profond, loin des zones touristiques principales.
🙏 La situation aujourd’hui : l’eau baisse, mais…
L’eau commence enfin à se retirer dans plusieurs zones, un vrai soulagement après des jours de crue continue.
À Hat Yai, le niveau est redescendu à hauteur de chevilles ce vendredi 28 novembre, ce qui permet aux habitants de se déplacer à pied dans certains quartiers.
Les commerces rouvrent timidement, les rues respirent à nouveau… mais on reste prudent.
Car malgré l’accalmie locale, le sud de la Thaïlande reste en alerte orange.
La mousson est encore là dans cette zone de la Thaïlande et elle court jusqu’en mars avec des pluies soutenues qui sont annoncées dans les prochains jours.
Rien d’exceptionnel pour la saison, mais assez pour rendre les sols fragilisés plus sensibles.
Les provinces toujours sous surveillance :
- Pattani et Nakhon Si Thammarat : niveaux d’eau encore élevés par endroits
- Surat Thani et Phatthalung : l’eau recule, mais la situation reste instable, surtout autour des zones basses et des canaux
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Est-ce dangereux de voyager dans le Sud en ce moment ?
Oui dans certaines zones. Hat Yai, Nakhon, Yala, Pattani et Satun sont fortement touchées.
Vérifie les alertes météo et les routes.
Les vols vers Hat Yai sont-ils annulés ?
Certains, oui. L’aéroport est ouvert, mais de nombreux vols sont retardés ou annulés.
Les trains du sud fonctionnent-ils ?
Non. La ligne est coupée à plusieurs endroits à cause des dégâts.
Koh Lipe est-elle impactée ?
Indirectement oui : l’accès par La-Ngu est perturbé.







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